Sur le terrain des RP : la liste NOC

Comme je le précisais au début de la création de ce blog, le fichier est L’ARME ultime de l’attaché(e). Sans lui, nous ne pourrions pas travailler. Il doit être constamment mis à jour, affiné, chouchouté. S’il y a bien une chose qu’un(e) RP ne doit jamais donner, c’est bien son fichier. Etablir un fichier, c’est obtenir des adresses, des numéros, des codes en quelque sorte que l’on peut ensuite mettre dans la balance afin de démarcher ailleurs. Pour moi, mon fichier est comme la liste NOC (les fans de Ethan Hunt se reconnaîtront). Elle ne doit jamais être divulguée, toujours protégée quitte même à être détruite lorsque vous quittez votre poste. Cela peut vous paraître démesuré, mais il faut savoir qu’un fichier met plusieurs années à être constitué (nous avons au bureau un fichier de plus de 30 ans !). La force d’acharnement pour tout récolter est si compliqué (oui tout le monde ne divulgue pas ses coordonnées) que le simple fait de se le faire “voler” ou de le donner relève du crève coeur.

Concrètement comment vit un fichier?

Il y a plusieurs phases. Tout d’abord celle de la mise à jour. Deux fois par an à peu près (Janvier et rentrée scolaire) nous appelons les rédactions pour savoir qui est parti et qui vient d’arriver. Par moments, il faut même passer par des intermédiaires pour obtenir les infos. Oui, nous avons des indics dans les rédactions ! La phase de mise à jour est également active tout au long de l’année.

Il y a aussi une phase que je nommerai, phase d’intégration. Des journalistes nous appellent, nous contactent par mail afin que nous les intégrions dans notre fichier. Débute alors une phase de recherches. Qui est-il/elle? Quel(s) genre(s) de film(s) aime-t-il/elle? Nous entamons une véritable phase d’enquête. Cela peut paraître hallucinant, mais j’estime que nous devons savoir qui va venir voir nos films et comprendre sa manière d’en parler. Tout ce protocole est nécessaire, car bon nombre de personnes jouent au bluff. Ils n’hésitent pas à dire qu’ils travaillent pour telle revue alors que ce n’est pas vrai. C’est tout de même triste d’en arriver là, mais c’est la dure réalité.

Partons du principe que tout est “clean”, nous faisons venir le ou la journaliste durant une ou deux projections pour voir un peu ses affinités avec nos films. Si la personne est sérieuse, publie bien ses papiers, nous finissons par l’intégrer définitivement dans notre fichier.

Beaucoup de journalistes pensent qu’ils peuvent être intégrer sur un simplement claquement de doigts. J’estime qu’assister à une projection de presse d’un film doit être pris comme un privilège, non pas comme un dû. Nous n’offrons pas des séances gratuites. Nous devons nous assurer auprès de nos clients que les personnes qui voient le film sont sérieuses et écriront bien sur le film (bons ou mauvais papiers).

Il ne faut pas croire que les listes de projections sont uniquement pour nous. Elles passent dans différentes mains (production, distribution etc…). Nous devons ainsi “rendre des comptes” comme on dit et leur expliquer qui fait quoi.

Je dois vous laisser, on me signale une mise à jour !