Les RP vu par… Fabrice Leclerc

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Après un premier entretien avec Julien Tellouck, la section Les RP vu par… revient avec cette fois-ci une autre personne qui me tenait vraiment à cœur, Fabrice Leclerc. Son nom vous dit sûrement quelque chose, puisqu’il s’agit, notamment, du rédacteur en chef de Studio Ciné Live. Pendant près de deux heures, nous avons parlé du milieu du cinéma, de la presse, des RP et ce avec fraîcheur et passion.

Rencontre….

1° Fabrice,  tu es le rédacteur en chef de Studio Ciné Live, mais tu as été bien plus….

Ma rencontre avec le cinéma date de 1977, le 10 octobre plus précisément jour où j’ai découvert Star Wars de Georges Lucas. À ce moment précis, j’ai su que je voulais travailler dans le domaine du cinéma. En 1984, j’ai créé un fanzine intitulé Hollywood sur scène. Il était vendu dans les librairies spécialisées à Paris. J’en vendais entre 50 et 100 tous les deux mois tout de même ! Quelque temps plus tard, je crée mon deuxième fanzine, American Graffiti avec cette fois-ci une couverture en couleur. Les textes étaient toujours tapés à la machine ! Les ventes ont encore augmenté avec cette fois-ci un débit allant de 200 à 300 exemplaires.

Cette petite notoriété m’a permis de me faire interviewer par le magazine Starfix ce qui était pour moi un grand honneur à l’époque. De fil en aiguille j’ai réussi à faire quelques piges pour le magazine.

En 1985, j’envoie quelques exemplaires de mon fanzine à différents attachés de presse. C’est également l’année où je fais mon premier festival de Cannes grâce à un ami de mon père qui m’a permis d’obtenir une accréditation. Ma première montée des marches fut pour le film Witness avec mon idole de l’époque Harrison Ford ! Depuis cette année d’ailleurs, sauf une fois, j’ai toujours couvert le festival de Cannes. C’est en 1986 que je rencontre André-Paul Ricci et avec qui je vais travailler pendant quelque temps. L’année suivante je rentre au Pariscope tout en continuant le journal du Festival de Cannes que j’avais intégré quelque temps auparavant. Entre 1987 et 1996, j’officie sur les ondes de RTL et RMC. En 1990 j’intègre le service culture de RFI jusqu’en 2001 où je vais reprendre la plume dans les bureaux du Film Français.

Puis, enfin en 2009 j’intègre les locaux de la récente fusion de Studio et Ciné Live. Nous avons dû créer le journal en 6 mois seulement ! Aujourd’hui, j’ai repris la radio avec France Info et j’officie sur les plateaux de Ciné + dans l’émission Face au film.

 2° Dernièrement, il y a eu un vent nouveau avec la presse qui ne pouvait pas accéder à certaines projections de presse. Penses-tu que les journalistes doivent-ils tout voir, même s’ils n’ont pas d’affinités avec le cinéaste ?

Oui, car j’estime que c’est la base même du travail de journaliste et de la presse cinéma. Il faut à un moment donné faire un choix, bien entendu, mais il faut pouvoir proposer au public le plus grand panel de films et d’avis. Chez Studio Ciné Live, nous sommes les seuls à tout voir et je trouve que c’est vraiment important et nos lecteurs le savent très bien. Nous recevons des courriers chaque mois nous disant : « pourquoi avez-vous parlé de tel film plutôt que de tel autre ? »

Hélas, nous ne pouvons pas tout traiter. Nous n’avons que 30% de sujets dans le magazine car nous manquons de place. En quatre ans, le magazine a déjà perdu 16 pages…

En ce qui concerne la critique, qu’elle soit bonne ou mauvaise, elle n’a jamais permis au film de réussir ou non sa carrière dans les salles. Ce qui est prescripteur dans le buzz autour d’un film, c’est ce que les gens vont voir sur le film (bande-annonce etc.…). Le bouche-à-oreille, c’est ça la clé.

 3° Je rebondis sur ce que tu viens dire puisque tu abordes le terme de « journaliste ».  À l’heure, plus qu’avancée, des réseaux sociaux et de l’information à grande vitesse, nous voyons de plus en plus de plates-formes voir le jour et écrire, tout comme vous, des critiques sur les films. Que penses-tu de celles-ci ?

Les blogs sont l’avenir de la critique cinéma. La presse papier est tout de même encore bien présente aujourd’hui. À l’heure actuelle, ils apparaissent plus comme un complément. Tout comme il y a de mauvais supports, il n’y a pas toujours de bonnes plates-formes numériques, tout comme il peut y avoir d’excellentes critiques. A l’heure actuelle, la différence qu’il peut y avoir entre la presse papier et le web se sont certaines exclusivités que nous avons la possibilité d’avoir. Par exemple nous sortons dans le numéro de ce mois-ci (sortie le 11 avril) un reportage en exclusivité sur le tournage du dernier James Bond. Tu ne verras pas cela ailleurs. Mais encore une fois, la presse papier ne va pas prendre la place des blogs et vice-versa, ils sont en complémentarité.

4° Je m’interroge toujours sur nos homologues américains. Lors des différents numéros du magazine, tu as l’occasion de travailler avec eux. Comment cela se passe-t-il concrètement ?

 La manière de travailler n’est pas du tout la même. Nous sommes beaucoup plus libre. Par exemple, lorsque nous faisons un dossier sur un film, nous avons suffisamment de matière pour pouvoir le traiter. Nous avons l’occasion de voir le film bien en amont, ou une bonne partie s’il s’agit d’une preview. Les Américains ont compris qu’ils faisaient 70% de leurs recettes grâce à l’internationale (notamment en France, Angleterre, Espagne, Italie, Japon, Mexique…). Les directeurs marketing des grosses sociétés comme Warner, Fox, Disney etc.… vont se focaliser sur les plates-formes les plus influentes afin de faire parler de leurs films. Ils veulent taper gros et avoir un impact immédiat. Quand nous réalisons des entretiens, nous avons le droit de les rencontrer en One to One et non pas sous forme de table ronde ou conférence de presse.

Si nous avons besoin de photos pour illustrer nos reportages, nous les aurons sans problème. Le cas est totalement différent en France. Par exemple, il nous est quasiment impossible de proposer de suivre un tournage du début jusqu’à la fin alors que nous avons très bien pu le faire pour Inception. Il y a une réelle dichotomie entre la méthode française et américaine.

5° Si tu devais être attaché de presse, avec qui souhaiterais-tu travailler ?

(rires) Je préfère que l’on me donne le dossier de presse plutôt que de le donner. J’ai déjà tenté l’expérience de l’attaché de presse, j’ai arrêté au bout de deux mois car ce n’était pas vraiment mon truc. Si je devais travailler avec quelqu’un, je pense que se serait avec Madonna. J’ai l’impression que plus les gens sont connus et plus ils sont mal exposés. (Réfléchis) J’imagine déjà une page portrait dans Le Monde et avec d’autres magazines, des choses plus distractives et que l’on voit moins d’ordinaire (rires)

Je tiens à remercier Fabrice Leclerc d’avoir répondu au Pas Blog ainsi que pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Vous pouvez retrouver chaque mois dans les kiosques Studio Ciné Live ainsi que sur le web via l’espace culture de l’express.fr.

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